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Jean-Claude Gillet

 Conférence de Jean-Claude Gillet le 1.7.08 à Lausanne
Le métier de l'animation et ses pratiques : quels fondamentaux

  • présentation de Jean-Claude Gillet
  • liens
  • résumé écrit de sa conférence
  • enregistrement intégral de sa conférence

Jean-Claude Gillet est professeur émérite en sciences de l’éducation à l’Université de Bordeaux, co-directeur de collection chez l’Harmattan (Animation et territoires) et aux Presses Universitaires de Bordeaux (Le territoire et ses acteurs), auteur de nombreux ouvrages et articles sur l’animation professionnelle, initiateur du I° colloque international sur l’animation qui eut lieu à Bordeaux en novembre 2003 et régulateur du site du Réseau International d’Animation (RIA).

http://colloque.cs.free.fr

http://jeanclaudegillet.free.fr/    ou  http://gillet-animation.fr/

Vous trouverez ci-après : une synthèse de la conférence donnée par Jean-Claude Gillet.
Vous trouverez
en bas de l'article : l'enregistrement intégral de la conférence

 Son 1

Un film e 25 minutes introduit la conférence. On peut télécharger la version complète de 45 minutes sur le site http://jeanclaudegillet.free.fr/

Des animateurs sont interrogés sur…

- les motivations qui ont présidé à leur choix du métier d’animateur.

- espaces de liberté et contraintes

- changement social et engagement personnel

 Son 2

Un film suivra le premier, issu de l’interview de 600 étudiants et 400 professionnels, interrogés sur le métier d’animateur.

Question : qu’est-ce que le changement social ?

Les termes varient… révolution, changement social, transformation… l’essentiel, ce sont les convictions, les valeurs affirmées : démocratie, démocratisation de la culture

Nul bon vent à qui n’a pas de port de destinée.

 Son 3

Animation : il n'y a pas de définition unique.

1ère thèse : l’animation est fille de l’école des relations humaines, fille de la psychosociologie américaine (Rogers, Moreno, Reich, Freud, Lewin, …) qui ont introduit la réflexion sur la vie des groupes dans la société, une réflexion sur la démocratie, fuyant le nazisme.

La démocratie accepte en son sein la contradiction. Il est donc plus facile de passer de la démocratie à la dictature, que l’inverse. La dictature nie la différence.

L’animation est définie comme une pédagogie qui utilise le groupe comme un espace de création.

 

2ème thèse (Geneviève Pujol) : l’animation est fille de l’éducation populaire. Elle produit une rupture historique avec la professionnalisation, avec des exigences de formation, diplômes, conditions de travail, conventions collectives, …

200'000 professionnels de l’animation sont formés en France en 40 ans.

Toute fonction sociale reconnue passe du bénévolat au professionnalisme.

1927 en France, 1ère formation au service social.

Beaucoup de métiers sont rationnalisés par la formation, la distanciation par rapport aux clients.

Ce sont les militants qui demandent à se professionnaliser face à la complexification des tâches.

Est-ce que cette professionnalisation tue les valeurs fondatrices de l’animation ?

Ceux qui disent que les jeunes ne sont plus engagés peinent à voir les mutations des formes de l’engagement bien réelles des jeunes, et cultivent la nostalgie des formes antérieures.

Ce ne sont pas des idéologues. Ce sont des praticiens. Ils voient à moyen plus qu’à long terme, se méfient des lendemains qui chantent.

On a passé plus de temps à se battre les uns contre les autres. Ils ont raison de s’en méfier.

Son 4

3ème thèse : Georges Dumasedier : L’animation correspond à la montée de la civilisation des loisirs. Congés payés, semaine de 40 heures font partie d’un mouvement de maîtrise de sa vie par des temps qui ne sont pas maîtrisés par l’employeur ou l’administration. L’aspiration à avoir des loisirs est présente également dans les pays émergents.

Le temps de chômage est un temps de formation.

Des sociologues se demandent si ce temps est libre ou aliéné, voué à la consommation et pas à la culture, l’éducation, la formation.

 4ème thèse : l’animation socioculturelle correspond à la montée des couches moyennes. Un groupe social s’affirme dans la société par la culture plus que par la politique.

 5ème thèse : le système de l’animation socioculturelle, plus souple que l’éducation nationale, apporte un complément informel à l’éducation nationale.

 
Il y a des définitions différentes de l’animation. Voici la théorie de Jean-Claude Gillet...(Théorie résulte d’un acte concret qui est l’observation de ce qui se passe :

-observation des productions des animateurs

-observation des productions sur les animateurs)

On trouve 2 univers :

  • Un univers chaud : démocratie culturelle, fêtes, partage,… .Risque de survalorisation du sujet (l’animateur est tout puissant).
  • Un univers froid : où tout est instrumentalisé, au service des dominants. Les animateurs sont les instruments manipulés du contrôle social. Ils amusent le peuple. Risque de survalorisation du système, niant tout espace de liberté possible des individus, sinon dans l’illusion.

 
Pour sortir de cette dialectique, les pères fondateurs sont éclairants (Sartre, Edgar Morin et le paradoxe…). On est l’un et l’autre, dans l’univers chaud et l’univers froid.

L'animation serait un 3ème pôle entre 2 pôles, 

1 Pôle de la militance.

2 Pôle de l’adhésion post it, à court ou moyen terme.

 
1 Pôle idéologique.

2 Pôle de la technique (méthodologie de projet, recherche des intérêts des individus pour mener)

 
Le 3ème pôle, de médiaction : pour souligner le caractère du « faire intelligent. » L’animateur est opérateur de médiation. L’animateur stratège produit des temps et des rencontres entre acteurs qui parfois s’ignorent, s’opposent. Il permet de la médiation.

L’animation est une praxis sociale et culturelle, fondée sur des valeurs, des émotions, des affects et des sentiments.

 L'animation met en tension théorie et pratique.

La logique de la pensée est une logique de distanciation. La pratique est une singularité, un engagement. On ne peut que mettre en tension ces deux logiques : Ni théoricien, ni praticien activiste, l’animateur articule les deux.

Il faut une position réflexive, des modèles d’acquisition pertinents, et constituer une praxéologie : science de la mise en tension de la théorie et de la pratique.

 
La démocratie est une voie de résolution des conflits par la négociation, autrement que par la violence, sur des revendications de justice, de parité, d’égalité ; même si les rapports de force ne sont pas toujours favorables dans l’avancée de ces revendications.

 
Son 5

Question de la salle

 
Son 6

Le 3ème colloque international de l’animation à Lucerne a permis de voir une pluralité de notions autour de l’animation.

En France, 60% des animateurs sont dans la vie associative, dans le secteur non lucratif.

40% des animateurs sont fonctionnaires.

Sur la mesure des résultats… la fréquentation n’a pas de sens. C’est un indicateur, mais il n’est pas essentiel. Les indicateurs essentiels sont : l’évolution des consciences, la participation. Mais personne n’a encore trouvé comment les indicateurs pour l’évaluer.

Trouver aujourd’hui un animateur qui accepte de travailler le samedi soir n’est pas aisé.

Il faut trouver un équilibre entre les intérêts des populations pour lesquelles on travaille, et les intérêts des animateurs.

A Bordeaux, des centres d’animation sont ouverts jusqu’à minuit.

 
Il y a toujours autant de jeunes qui désirent devenir animateurs.

1000 candidats se présentent pour 150 places à Bordeaux. La sélection coûtant cher, l’institut de Bordeaux cesse de promouvoir sa formation.

 
Ensuite, c’est l’expérience qui apporte une intelligence des situations, qui évite de se faire prendre au piège des injonctions.

 L’animation est aux prises avec une culture qui n’est pas la sienne, la culture du travail social.

Jusque dans les années 80, il était question en France d’un diplôme unique de travail social.

Le projet fait l’objet d’une résistance des lieux de formation au travail social qui craignent que les universités prennent à leur actif ces formations.
 

L’animation, c’est anima (aspect féminin spiritualiste) et aussi animus (force, imagination, créativité,…)

Culture de l’animation et culture du travail social diffèrent par leurs fondements et divergent de plus en plus.

 
Le travail social est une culture de la réparation. Il parle de manques, de blessures. Son approche est individualiste. Les travailleurs sociaux produisent de l’ordre. Ils puisent leurs référence dans la psychologie, voire la psychosociologie.

 
L’animation a une approche globale, groupale, collective. C’est une culture de la force collective. Elle parle des forces, des potentialités. Elle travaille sur le rapport entre le dedans et le dehors de l’institution. Elle soutient les personnes et leurs droits, leur citoyenneté, la part de pouvoir de décision, d’empowerment des individus en institution. C’est un élément de déstabilisation. Les animateurs sont des producteurs de désordre, pour un autre ordre plus juste, parce qu’ils font appel à la créativité, à l’imaginaire ;  parce qu’ils ressentent une injustice. L’animation développe des outils au service de l’expression individuelle et collective. L’animation fait référence à la sociologie, aux sciences politiques, ….

 Par exemple, mettons un juste réveille chaque matin la commune en faisant vrombir son moteur trafiqué.

L’éducateur va rappeler le jeune à l’ordre.

L’animateur valorisera les compétences mécaniques du jeune, et monter avec lui un projet d’atelier boguet ou autre projet.

 Les animateurs socioculturels peuvent faire changer de regard.

 Il n’y a pas d’opposition entre une démarche individuelle et une démarche sociétale.

La société dévie l’individualisation vers l’individualisme. La tendance à réduire les impôts réduit les services collectifs.

 Dans les institutions, on a besoin de travailleurs sociaux et d’animateurs.

L’animateur ne doit pas faire partie du soin dans les établissements.

La France reconnaît 3 fonctions distinctes dans les institutions :

-         La fonction sociale, socioéducative

-         La fonction soignante

-         La fonction d’animation

 Son 7

Question : comment exercer le métier d’animateur sous la gouverne de décideurs qui attendent des animateurs de l’huile dans les rouages, l’apaisement des tensions sociales, plus que du soutien à la citoyenneté.

 
Il appartient aux animateurs de savoir valoriser leur intelligence collective. Pour exemple :

Toutes les politiques se vantent de savoir faire participer les habitants.

Or, les animateurs savent que la participation des habitants n’est pas si facile, mais qu’on y arrive.

 
Un animateur stratège sait renverser les situations, les stéréotypes.

Exemple : on ferme un lieu saccagé par des jeunes. Reconstruction. Ré-ouverture. Le maire félicite les jeunes présents de se démarquer de cette jeunesse qui saccage les lieux. L’animateur intervient : « Monsieur le maire, la moitié des jeunes présents ici font partie du groupe qui a détruit le lieu »

L’animateur sait accompagner des processus de changement.

Comme dans une partie de cartes de tarots, il évalue les atouts qui sont les siens, élabore des hypothèses en fonction des cartes tombées, chez ses alliés et ses adversaires, pour maximiser ses gains et minimiser les pertes.

La qualité du joueur dépend de son expérience, s’il a l’intelligence du jeu.

D’autres voudront même jouer avec lui, parce qu’il gagne au jeu.

 Changer les règles du jeu social…

Faire appel à l’imaginaire. Construire un autre système.

L’animateur peut faire en sorte que les règles du jeu changent, en faveur des perdants, des exclus..

A l’histoire de l’échelle humaine, ça va lentement. Mais à l’échelle de l’Histoire, les choses bougent très vite.

 La seule façon de donner un sens à ce que l’on vit, c’est d’agir.

 

Sur le pouvoir d'agir : Yann le Bossé

Pour penser la complexité : Edgar Morin

 





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