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Atelier collecte de mémoire
Atelier « Collecte de Mémoire »
Un atelier animé par Eric Boekholt à la Fondation Clémence, Lausanne

                                                              
1. Présentation
Il s’agit d’un atelier hebdomadaire qui a pour vocation, pendant une heure, de réunir des résidents autour d’un sujet ou d’un souvenir de leur passé. Ces témoignages sont enregistrés sur « minidisc» puis saisis sur l’ordinateur dans le but d’être publiés.
Cet atelier est né, en 2004, à l’initiative d’une bénéficiairede l’UAT qui trouvait qu’ « il
manquait un moment où l’on puisse raconter ses souvenirs ».

1.1. A qui est destiné cet atelier ?
Cet atelier est destiné aux personnes fréquentant le serviced’UAT qui constituent environ la moitié de ses membres ainsi qu’aux résidents de longue durée qui forment l’autre moitié.
Le chiffre optimal de personnes est de 8 à 10 personnes (cela devient plus difficile au-delà de 15 résidents).
Les témoignages seront portés à la connaissance de tous car publiés ; les personnes signent une autorisation et donnent ainsi leur accord à la diffusion de leurs témoignages, de leurs noms et âges.

1.2. Consigne et règle de l’atelier
L’atelier respecte les règles suivantes :
- Liberté d’expression ;
- Témoignages du passé (histoires vécues et anecdotes);
- Choix du thème par un participant ou par l’animateur ;
- La véracité absolue des témoignages ainsi que leur précision dans le temps et l’espace n’est pas exigée ;
- Ne pas interrompre une personne qui s’exprime (en évitant tout de même qu’une personne ait le monopole de la parole) ;
- Le témoignage n’est pas modifié en dehors de l’atelier.

2. Contenu et thème
Le choix est laissé aux participants. Les thèmes les plus faciles à proposer sont l’école, la mobilisation, les us et coutumes de la paysannerie, la condition des femmes, le travail et la famille.

3. Objectifs
Les objectifs de l’atelier sont les suivants :

3.1. Reconnaissance
Connaissance et reconnaissance de l’histoire personnelle grâce à un thème relatif à la sphère privée, publique ou militaire.

3.2. Bénéfice
Les bénéfices sont multiples :
- Partager des émotions ;
- Partager des témoignages entre les résidents et avec un public plus large ;
- Etre en lien avec notre histoire sociale, économique et politique de la Suisse ;
- Repère hebdomadaire stable et rassurant avec le même animateur.


4. Difficultés et solutions
- Débordement d’émotions (faire une pause, reconnaître et valider les émotions pour le groupe) ;
- Confusion du récit ou absence de précision géographique ou temporelle (resituer le contexte du propos) ;
- Redondance des informations (interrompre la personne et lui demander de poursuivre l’histoire) ;
- Discussion entre deux participants (interrompre les résidents et revenir au témoignage en cours).

5. Animation et déroulement
- Intérêt sincère et empathie de l’animateur pour les témoignages des résidents ;
- Lecture et approbation des textes de la séance précédente ;
- Choix du thème par un participant ou par l’animateur ;
- Micro branché , gérer les pauses dans l’enregistrement ;
- Intervention de l’animateur pour couper la parole à un participant pour redonner la voix à la personne qui avait commencé de s’exprimer et qui avait été interrompue.

6. Transcription
La transcription de l’enregistrement se fait lorsque l’atelier est terminé. Elle se fait d’abord à la main sur le papier et consiste à rester fidèle aux textes en évitant les redondances et les erreurs de syntaxe (l’aspect vivant du témoignage oral doit être maintenu). Les thèmes peuvent être regroupés ; le texte est ensuite saisi sur l’ordinateur par les membres du secrétariat ou par des civilistes du Service d’animation ;
Durée de l’opération : 2 heures.

7. Publication
- Relecture et mise en page par l’éditeur du premier tome et publication de 200 exemplaires à compte d’auteur dans le courant de l’année (mis à la vente à 20 Fs) ;
- Diffusion des prochains textes sous la forme de photocopies mis en page par nos soins.


Eric Boekholt, mars 2007


Extrait de texte :
Mme S : On n’avait pas de vacances. Pendant l’été, mon mari avait congé, alors on allait chez nous à la campagne à Saint-Barthélémy, à 15 km de Lausanne. Mon mari aimait conduire le tracteur. Moi je nettoyais et lui il aidait aux travaux des champs en conduisant le tracteur familial. C’était bien et ça nous changeait d’être à la campagne.
Des fois, on faisait des tours en voiture avec papa et maman, par exemple au Suchet où l’on mangeait la fondue à midi malgré la chaleur, c’était bon.

Mme P : Moi, le 8 mai 45 je travaillais chez l’Adèle à la place Chauderon. A l’époque il y avait un kiosque au milieu de la place et les trams passaient de chaque côté. Tout d’un coup on voit débarquer tous les maquereaux de la rue de l’Ale. Ils ont commandé à boire et se sont pris par la main, ça a formé une immense danse autour du kiosque, les trams ne pouvaient plus circuler et ça a duré comme ça toute la nuit. On a beaucoup travaillé ce jour-là mais les gens ne laissaient pas de pourboires et la patronne nous avait donné l’ordre d’encaisser les consommations tout de suite.
Nous mangions sur place et la patronne ne voulait pas qu’on ait faim. J’y suis restée dix ans et c’est là que j’ai rencontré mon mari.

Mme A : Moi, j’ai passé toute ma vie à Vienne. Je suis partie en 1946, pour venir en Suisse.
Nous étions une grande famille et je n’ai jamais eu de temps pour les loisirs. Il fallait travailler, même le dimanche, pour ramener de l’argent à la maison. Mon père travaillait au Chemin de fer et nous étions 14 enfants. Après l’école, il fallait d’abord travailler avant de faire ses devoirs.

Mme G : Mon père était de Soleure, mais il parlait tellement peu qu’on a jamais appris l’allemand. La première fois que je suis allée à Soleure, pour voir «Grossmutter», je devais avoir 15 ans. Mais elle venait nous voir chaque année à Lausanne. Papa lui offrait le voyage et des souliers neufs : sans cela, elle n’en aurait pas eu souvent, il n’y avait pas l’AVS à l’époque.

Mme L : Nous étions une grande famille de neuf enfants. Avant Noël on nous préparait à chacun un cornet avec des friandises. Le jour de Noël nous étions réunis : quelqu’un entrouvrait la porte et lançait tous les paquets par terre, il y avait des friandises partout et nous nous en donnions à cœur joie avec mes frères et sœurs, oh, c’était une fois par année, pas deux ! On nous disait que c’était le «bon enfant» qui était venu, en vitesse, parce qu’il avait trop de travail.




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