recherche
anim.ch > Journées > Journées anim et aînés > 2008 2eme 4 mars > Mémoire sensorielle
  
login
pass
  
Mémoire sensorielle
                               ATELIER-MEMOIRE SENSORIEL                        (extrait)

Les animations collectives qui sont généralement organisées dans les institutions pour personnes âgées (et attendues car elles correspondent à la conception courante de l’animation) sacrifient bien souvent les désirs personnels des participants à l’intérêt collectif du groupe. Sur le terrain de notre pratique en institution, seuls un nombre restreint de résidants sont touchés par ce type d’animation. Un nombre même de plus en plus restreint, du fait de l’évolution de leur pathologie, du vieillissement, de l’entrée plus tardive en EMS consécutive au développement des soins à domicile à Genève, à l’évolution démographique… aussi bien sûr en lien avec les effets même de l’institutionnalisation (repli sur soi, perte des repères et liens socio affectifs, surmédicalisation, effondrement de l’autonomie et dépendance accrue nosocomiales quand la personne résidante n’a plus rien à faire, on fait tout à sa place, parce que ça va plus vite, qu’on est là pour cela…)
Mes ateliers-mémoire sensoriels sont issus de cette réflexion, je les ai conçus comme projet répondant à l’analyse de ces besoins : comment augmenter le nombre de résidants touchés par l’animation d’une part, et offrir une intervention et des moyens adaptés aux résidants âgés les plus handicapés et isolés, d’autres part ?

- Trouver et faire fonctionner ce qui fonctionne, chez toutes les personnes âgées, quelques soient leurs troubles et déficits : les perceptions sensorielles, sources d’informations sur le monde parvenant au cerveau, approvisionnent nos mémoires, les sens par lesquels nous sommes branchés sur le monde, en contact avec notre environnement et les autres (et nous même !); source de sensations, de plaisir, associées à des émotions, depuis nos premiers instants de vie (in utéro en fait) jusqu’aux derniers : le câlin du petit-fils, l’odeur du pain chaud, caresser un chat, même en peluche, écouter Chopin, les senteurs de lilas et tous nos printemps revécus. La madeleine de P… : vous voyez à quoi je fais allusion ? Le déclin des fonctions sensorielles - tout comme le cadre de vie « rétréci » et le contexte culturel de notre société prônant le jeunisme – peuvent conduire l’adulte âgé à connaître de graves situations de privations sensorielles et de perte de communication. A plus forte raison en institution.

- Les supports d’animation que je propose s’inscrivent dans une démarche de mobilisation psychique globale, sollicitant le potentiel sensoriel des personnes âgées afin de leur offrir des conditions propices à réactiver leur mémoire ancienne, ouvrir
« les tiroirs » où sont rangés, enregistrés, enfouis, des connaissances, des émotions, des instants vécus. Bien que supposant un travail de la mémoire, (des différents types et processus mnésiques en fait), il se distingue fondamentalement des exercices classiques qui visent un entraînement ou une conservation des capacités mnésiques des participants. Ce n’est pas la recherche de performance intellectuelle, la reconnaissance effective - de l’objet touché en aveugle ou de l’odeur - la réponse juste, qui sont recherchées, mais le ressenti, la relation authentique, l’écoute, la plaisir d’un instant, avec éventuellement la libération de souvenirs. L’objectif, lors de ces ateliers, est de proposer et créer les conditions d’une mise ou remise en communication de l’adulte âgé, quel que soit son âge, son état de santé, ses handicaps sensoriels, moteurs, cognitifs, psychiques. C’est d’ailleurs bien toujours cela qui est important selon moi, et que je vise, dans ma pratique. La technicité, le «faire», les savoir-faire sont au service « l’être » et de la communication relationnelle.

- Pour ces ateliers, j’utilise le plus souvent un charriot et je pars dans les unités proposer mes supports multisensoriels, afin d’aller vers les résidants, tous ceux qui sont laissés à l’écart du fait de leur handicap - surdité, malvoyance, troubles cognitifs, comportementaux ou autres - ceux qui refusent systématiquement de participer et se déplacer aux animations collectives qu’on leur propose, peut-être par peur de se retrouver en situation d’échec, souvent par désintérêt, de cela et de toutes choses de la vie.

Certains résidant-e-s, en début de démence, présentant une « façade » en fait trompeuse, et cherchant à (se) cacher leur difficultés (par déni), parfois résistantes ou refusant gentiment toute animation - qui risquerait de les mettre en situation d’échec de dévalorisation - … ces personnes apprécient ce type d’ateliers sensoriels et la démarche qui les sous-tend : pas d’exigence de performance, ni critère de réussite, pas de jugement de valeur, juste être en relation, passer un moment agréable, évoquer des souvenirs.

Lire la suite...

Pour toute information supplémentaire, aide à la réalisation de cette animation (ou création d’une autre)  n’hésitez pas à me contacter :

Frédérique Cortaz-Veljaca
50 rue de la Prulay
1217 Meyrin
076 382 98 77

La meilleure référence en matière d’animation :
Le journal Doc’Animation en gérontologie
www.docanimation.fr
 




← retour